MORTEM - Decomposed by Possession - 2000 (Merciless records)

Tracklisting:
1. Death rules supreme
2. Devilled
3. Blackest funeral
4. Morgue rapist
5. Hell and beyond
6. Curdled blood
7. Decomposed by possession
8. Noctivagants
9. Incubus : the return

16 / 20

Vieux de la vieille, j'éviterai de revenir sur l'histoire du groupe, vous enjoignant à choper Eternal Fire IV pour combler vos lacunes. De mon coté j'avais un vieux souvenir d'un « Vomit of the earth » qui ne m'avait pas marqué, tout jeune et occupé que j'étais à découvrir plein de choses plus incontournables (ou pour la démo « unearth... » je ne sais plus...).

Ce n'est que depuis la sortie de leur dernier album, « de natura daemonum » (le groupe est mort à ce que j'ai compris) que Mortem a éveillé mon intérêt. Axé autour des frangins Nebiros(guit/vox) et Amduscias (batterie), les péruviens ont creusé leur trou et fait leur nom dans certains cercles, trop restreints, grace à de solides releases et un dévouement pour le death metal à l'ancienne. Cet avant dernier album de Mortem a une saveur un peu particulière. Un peu plus US / moderne (c'est léger je vous rassure) que ses prédécesseurs, c'est aussi l'album où Amduscias revient tenir les baguettes pour les 7 derniers titres. Contrairement à avant, et même si le thème de la possession est présent, ce n'est plus un concept album du coté des paroles comme l'était son prédécesseur sorti 2 ans plutôt.

Il m'a fallu plusieurs écoutes de leurs albums avant de passer outre une mise en place de temps en temps bancale, du fait de la batterie, et des arrangements qui auraient mérité d'être plus soignés vus les compositions assez complètes du groupe. Je fais la fine bouche mais au fil du temps après avoir réalisé la qualité de leurs compositions, je trouve ces points dommages, mais en amélioration d'album en album.

Bien sur par essence, Mortem ne cherche en rien à définir un nouveau style, se réclamant de Possessed, ayant pris sa claque avec Hell Awaits de Slayer, Mortem est classique de chez classique mais il y a toujours cette patte sud américaine, cette rage et un talent certain pour pondre de vrais riffs death metal et arracher les soli à l'ancienne. Ce disque, leurs disques en fait, suinte le bon death, le Leprosy, le Scream Bloody Gore, le Seven Churches, le Hell Awaits (rythmiques simple mais efficace pendant les soli)... et d'autres encore. Sans pour autant être rétrograde ou binaire, en témoignent les compositions plutôt longues, assez variées et finalement plutôt dynamiques, Mortem installe régulièrement une excellente ambiance. Et ce notamment grâce à un léger coté mélodique sombre, disons le : sinistre!, qui ne dégénère pas en coté mélodique metal fute en cuir. De même Mortem ne rechigne pas à sortir des riffs qui restent dans le crane. A noter aussi que les péruviens ont leur personnalité, quelques notes suffisent à reconnaître Mortem, notamment le timbre assez spécial de Nebiros. Pour couronner le tout, le groupe sait pondre des titres efficaces sortant du lot (« Morgue Rapist » est assez excellent par exemple, superbe riff d'ouverture).

Peut être le plus nord américain de leur album, coté batterie notamment, le groupe améliore peu à peu ses compositions et sort ici un album assez abouti, voir muri. Quand on voit les dates de certaines compositions, et le délai entre les albums (4 albums en 19 ans) on voit bien que Mortem ne souffre pas du syndrome "un album par an" et c'est tant mieux. Jusqu'ici ce « Decomposed by Possession » est mon album préféré mais je reconnais n'avoir toujours pas eu le temps d'ingérer pleinement leurs 2 premiers releases. Force est de reconnaitre que le style de Mortem évolue fondamentalement peu. Par contre la maitrise du groupe et les compositions s'améliorent avec le temps. Le dernier album en date est donc fidele au groupe, avec une touche un peu plus atmosphérique, et servi par un son de guitare plus tranchant. D'où ma préférence à ce « Decomposed by possession » qui paraitra à premier écoute identique à « The Devil speak in tongues ». Impression certes partiellement justifiée par le faible laps de temps, pour Mortem, écoulé entre ces 2 albums. « Decomposed.. » reste néanmoins l'album le plus brutal du groupe, et a nécessité le retour à la dernière minute d'Amduscias, plus rapide que Jaime, derrière le kit.

Une découverte tardive (honte sur moi), qui demande du temps pour apprécier mais comme le bon camembert une fois accroc c'est bon... (pourrie cette comparaison...). En résumé, un solide groupe sous estimé et trop peu connu. En ces temps propices aux choses plus old school, Mortem mérite clairement attention car ils ne jouent pas du death comme à l'époque... ils en viennent de cette époque... et ils sont bons (pas comme Cianide... rien à voir à part le fait que eux aussi sont des dinosaures mais, contrairement à Mortem, sans qualité).