IRFAN - Irfan - 2003 (Prikosnovénie)

Tracklisting:
1. Montesalvato
2. Salome
3. Elena
4. Return To Eden
5. Oktrovénie
6. Gospodi Pomilui
7. Perigrinatio
8.Outremer
9. Santa Maria

Dead Can Dance, n'allons pas par quatre chemins et mettons tout de suite les pieds dans le plat. Dead Can Dance est un des premiers mots qui vient à l'esprit quand on écoute Irfan. L'ouverture, quasi religieuse, permettant de découvrir la voix ensorcellante de Denitza, de gouter les cordes évoquant forcement Dead Can Dance et leur mix instrumentations traditionnels/évocation mystique, n'est pas étrangère à cette comparaison. L'avancée, très agréable, dans cet album, plutôt prenant, permet de gouter à la diversité toujours évocatrice d'une musique, fermement ancrée dans différentes traditions, sans pour autant sonner traditionnelle, mais transcendée pas une interprétation n'hésitant pas à imprimer une touche de mysticisme.

Nos 4 bulgares nous font baigner dans de nombreuses influences, sans sonner dispersés, l'esprit mystique étant toujours là. On goûte tantôt à des instruments/instrumentations teintés de traditions, et avec un s. Evoquant parfois dans la rigueur de l'orthodoxie et de ses chants liturgiques, Irfan s'aventure aussi dans des contrées plus orientales, ou voyagent dans le temps pour nous ramener au moyen-âge. Bref on touche, selon moi, à ce que la musique a de plus sacré, en voyageant littéralement au milieu des compositions propices à l'introspection, compositions touchant une corde sensible située bien en amont et au delà de clivages culturels modernes dérisoires.

Alors voilà, Dead Can dance viendra toujours à l'esprit, étant donné le rôle de pionniers qu'ils ont, mais Irfan, de par des influences un peu plus spécifiques et ses musiciens passionnés insufflent un véritable esprit à leur musique, levant de fait tout soupçon de rip off comme on peut en trouver par milliers dans l'univers du metal. N'en reste pas moins, qu'évocatrice et mystique, la musique d'Irfan séduira à coup sur les fans de Dead Can Dance (et de Lisa Gerrard forcément) et autres Arcana. Mais j'encourage le plus grand nombre à tenter l'aventure, que ce soit avec cet album ou le suivant, plus oriental, malgré la pauvreté de cette chronique comparée à la richesse de cette musique presque intemporelle. A vous de vous bouger... et au passage, creusez donc chez le label Prikosnovénie.