Genocide Organ - : IN - KONFLIKT : - 2004 (Tesco)

Track listing :
11 titres

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GO, fer de lance allemand d’un industriel violent et froid, remet le couvert après quelques années d’absence avec ce «in Konflikt».

Menaçant et commandant, GO à un coté coercitif certain. De par les sons d’abord, agressifs, créant un état d’alerte. Les voix ensuite, peu compréhensibles du fait de la saturation mais apaisées, déclamant presque paisiblement...Peut être faut-il être maso mais certains titres, comme «moral rear» une fois appréhendés prennent des allures de cocon. On finit par apprécier les sons abrasifs, et leur répétitions devient hypnotiques. Clairement moins agité depuis quelques releases (sans doute du fait du départ de monsieur Freisler), GO a convergé vers Anenzephalia. Comprendre que les grosses séances de torture laissent plus la place à une cette froideur caractéristique. Coté vocal aussi ça s’est calmé du fait de l’adjonction du main man derrière Anenzephalia en remplacement du départ d’un sérieux agité.

«Disobey Ends» permet de gouter à un GO très rythmique. «We care for you» nous offre des basses sous jacentes renvoyant à l’univers déprimant d’un Haus Arafna, donnant une touche old school (idem sur «no better culture»). Mais dans le style délavé Haus Arafna c’est bien «conditio humana» qui est frappant. Je pense que ces morceaux ont été composés sur la même période que ceux de «Noheam» de Anenzephalia (je recommande, cf notre chro), déjà de par la référence au «industrial strife» et certains sons très proches (notamment sur la fin de «industrial strife 2»)

Une fois de plus je ne philosopherais pas sur le groupe, déjà car c’est n’est pas lisible, en dehors d’un anti-américanisme que l’on retrouve sur «death hypes» ou «a peculiar crusade» que le livret et les samples de voix illustre en reprenant un manuel de bonne tenue du soldat US ne devant pas fraterniser avec les allemands qui ne sont pas des êtres humains. Mais je noterais plus de finesse dans le propos, toujours brouillé, de GO. Tout semble, selon moi, souligner un certain non sens, au moins dans les discours mainstream, mais peut être plus profondément. Je rappelle que l’album live «Remember», plus que recommandable tant GO y est à son apogée de violence, est dédié à tout les forfaits qui ont été commis...de là ne vous attendez pas à ce que cela sente la joie de vivre.

Pour autant sur cet album, le soufre est moins présent y compris «musicalement» où le groupe ne me donne plus envie de couper le son à cause d’assaut de pur noise façon déferlement de haine. Etant en outre en terrain ami sur le registre plus calme, on a moins cet effet interpellant. On trouve donc ici une austérité plus prononcée, une froideur plus présente («industrial strife pt I» l’illustrant pleinement) voir une certaine expérimentation (industrial strife pt III). Cela ne me disconvient pas loin de là mais le facteur distinctif de GO s’efface. On reste généralement dans des terres connues en terme de son pour GO, ou alors, nouveauté (ni bonne ni mauvaise) quand on va taper coté Haus Arafna...ce qui n’est pas forcément bon signe mais illustre bien que GO n’est plus tout jeune et sans être mauvais livre finalement un album ne dégageant pas quelque chose de profond. Reste donc un album avec de nombreux morceaux, dont certains sonnent inachevés (industrial strife pt III sorte d’experimentation) voir un peu facile («death hypes», «industrial strife pt II», «black and tans are noble»).

Disons que GO fait le job !