Dossier Death Metal Finlandais


Si on interroge pas mal de métalleux sur la Finlande, on aura les 3/4 du temps droit à un couplet sur Children Of Bodom ou si on est plus chanceux Beherit et Impaled Nazarene. Une autre petite partie mentionnera à coup sur les Thergothon et Skepticism. Bref comparé aux UK avec leur NWOBHM ainsi qu’une scène grind, à la Suède et son superbe death metal dont le revival n’en finit plus, etc etc, la Finlande parait plus terne. Pour autant les anciens se manqueront pas de mentionner à juste titre la scène death du début des 90’s. Bref, et heureusement pour elle la Finlande ne fut pas la France.

Le pays a produit non seulement quelques groupes assez uniques mais a son école de death. Certes on ne pourrait parler de death finlandais comme on pourrait parler de death suédois mais il y a un truc. Plus porté sur la lourdeur que la Suède, exempte de l’influence d beat/punk logique de la Suède, la Finlande produit un death morbide, sombre aux mélodies typiques.

Pour autant en parcourant ces lignes vous constaterez une certaine hétérogénéité et noterez que tout ne fut pas génial. A court de temps et peu convaincu de l'intérêt de faire une thèse d’histoire sur le sujet, je n’ai pas creusé plus que ça sur le où (Turku, Oulu...), le quand (1987/88 à 1993 avec probablement Abhorrence en tête de pont), ni le comment (les rencontres lors de shows cultes façon 1er concert de Morbid Angel en Suède).

Désolé donc pour le coté liste mais en même temps tout n’est pas lié de manière logique...ce fut juste comme ailleurs une explosion death metal irréfléchie. N’y voyez pas simplement les divagations d’un vieux fan de death, pour lequel cette scène tient à cœur. En effet, quelques rencontres via notamment via démo m’avaient marquées et faits parties de mon apprentissage du death mais objectivement la qualité est là et, plus important, on y trouve parfois une réelle personnalité. Ne perdez donc pas votre temps à écluser tout le revival swedish old school (quant ce n’est pas le revival Incantation) qui a lieu en ce moment. Au lieu de chercher la démo de Eviscerated, le prochain release de Cerekloth ou de vous pignoler sur Father Befouled cherchez donc plutôt la superbe démo «Unholy Domain» de Demigod (91), ou «Silence of the centuries» de Depravity.

C’est parti... et on ne pouvait que commencer par Abhorrence...

Abhorrence (89-90): ultra jeune au moment de pondre la démo «Vulgar Necrolatry» au son spécifique et morbide, ce groupe est parfois retenu comme pré Amorphis même si cela n’a rien à voir du tout. Reconnaissons qu’au tout début c’était proche (« Vulgar Necrolatry » a même atterri sur le 1er de Amorphis). Très farouche, chargé de reverb et sans concession, le groupe pilonne sans réfléchir et pose quelques parties ultra lourdes morbides. Un peu hype depuis l’exhumation faite par Funebrarum via une reprise sur le split avec Interment (swe), Abhorrence fut un des premiers, si ce n’est le premier à pondre du death en Finlande. Sans être ultra typique, il y a quelque chose dans les 2 releases du groupe. Quelques superbes riffs mais un style assez influencé death US 80’s et pas non plus hyper cryptique. A noter un gros changement de son pour l’ep avec guitare façon nid d’abeille. On regrette la prod de la démo « vulgar necrolatry » qui apportait une touche spéciale. Malgré tout un titre comme « disintegration of flesh » envoie du bois… Bref, de jeunes gens qui furent parmi les 1ers et à la démo outrancière. Pour continuer la chose je vous propose d’attaquer par les combos les plus lourdingues.




Purtenance (90-92): lourd, lourd, lourd et relourd. Cet adjectif, propre de la scène death Finlandaise s’applique clairement à Purtenance. Maitrisant les accords pesants, déployant sobrement quelques mélodies simples et glaciales. La voix brutale ravira les fans d’Incantation et autre noirceur. Ne dédaignant pas des accès de violence, sans doute trop classique et donc daté pour son propre bien ainsi que pour l’attention de l’auditeur, Purtenance conquerra le cœur de ceux qui ont connu ou adoré les cryptes poussiéreuses du début des 90’s. Très diversifié dans le riffing, Purtenance est plutôt mature quand il s’agit de composer un titre. Les tempos sont variés et les compositions globalement fluides. Le tout servi par un son typique et puissant. Une fois de plus, la Finlande s’illustre par un travail de chorus simple aux grattes mais faisant mouche quand il s’agit de sortir une petite mélodie sombre. Evidement on retrouve des parties lourdes et morbides ainsi que d’autres plans catchy sur presque chaque titre. Plus brutal que ses comparses, n’hésitant pas à blaster, Purtenance fait partie de ces groupes, qui sans faire partie de l’élite du death, a su traverser les âges et la réédition par xtreem est plus que justifiée. J’aime beaucoup ce release qui je trouve rend justice à ces parties rapides typiques de l’époque. Si elles ne sont pas géniales d’un point de vue riffs, elles dégagent généralement l’esprit qu’il faut ici bas. La bonne maitrise des alternances rapides/lentes est une caractéristique du groupe. Evidement les re-releases contiennent les démos… typiques d’un époque, pleines de feeling… elles sentent la vieille crypte… miam… La encore, en 1993 trop tard… mais n’empêche que… après reconnaissons que le groupe n’a pas écrit de titre qui troue le cul comme Demigod a su le faire avec le title track de « slumber of sullen eyes ».




Dans la case lourdingue, on a aussi Convulse:



Convulse (88-94): Avec « World Without God » sorti en 1992, Convulse est à ranger dans la même case que Demigod ou Purtenance, c’est à dire la partie de la scène peut-être la moins personnelle, et la plus brutale (si on excepte les débuts grind de Xysma ou le death blackisant (chiant) d’un Mythos ou Belial). Mais autant Purtenance et Demigod font mouche et savent poser une ambiance, autant Convulse est bien trop inégal et peu inspiré pour moi. Assez marqué suédois, évidement lourdingue et dans les basses, Convulse est très impersonnel. Pas assez cryptique, il ne reste plus qu’une série de riffs simplistes enchainés pour mon plus grand ennui. Le travail de chorus à la seconde guitare illustre bien le manque de suite dans les idées et ne relève pas le niveau loin de là. Bref Grave et son premier release broie Convulse en long en large et en travers. Purtenance, s'avère aussi brutal mais plus varié et morbide. Bon soyons sympa, un titre comme « Blasphemous Verses » est bien fait et le groupe réussit à poser ce truc dantesque… mais à par ça... Mentionnons le retour de Convulse en 1994 avec un 2eme mauvais album carrément mélodique et death n’roll. Convulse achève pour moi de démontrer un manque totale de personnalité et de cohérence avec cet album vraiment pourri façon « sautons dans le wagon death n’ roll puisque le death bas de plafond n’a pas marché » ! Suite au bide, changement de nom en pornophans avec ajout d’une voix féminine pour se lancer dans un délire à la Genitorturers façon gentillette (avec les mêmes tenues que cette vieille tata décatie fan d’EBM qu’est devenue David Vincent, pardon Evil D). Pouark... tout ceci en dit long sur ce groupe…




Toujours dans le lourdingue, coté incontournable de cette scène (les parties lentes et morbides, limite comme My Dying Bride le faisait sur sa démo et son premier LP), on trouve Rippikoulu, enterrant haut la main Convulse car réellement morbide. Sur le papier plus linéaire dans le riff que Convulse, n’en reste pas moins un réel feeling.



Rippikoulu (90-93): le revival a parfois du bon. Une demo/album tape en 1993 avec un tel style de death ne pouvait que tomber dans l’oubli, et oui en 1993 le death était déjà en train de crever et ce n’est pas un death doomisant poussiéreux qui allait intéresser les foules. Un titre comme « Pimeys Yllä Jumalan Maan » pue le funeral doom, le death doom à l’ancienne. La voix profonde, les guitares lourdes et ultra compressées, les basses saturants vos enceintes, un clavier discret pour rehausser un refrain monolithique… Cet album est séduisant quand bien même il ne comporte finalement pas de titres sortant vraiment du lot. Il permet juste de s’étouffer dans un death lourd, rampant et monolithique. Jetons des noms en pâtures, Rottrevore sans les parties grind à l’ancienne et sans groove, le 1er Immolation (des riffs et la voix quoique plus convaincante et puissante ici bas)... pourquoi pas Morpheus Descends et une chouille de Thergothon et de Grave. Ajoutons sporadiquement un peu de l’esprit des parties lourdes du «Realm Of Chaos» de Bolt Thrower. Bref ça suinte… ça rampe…




Tout aussi typiquement Finlandais mais plus varié, notamment avec ce sens de la mélodie morbide, pas si éloigné que ça de la Suède mais quand même différent, on retrouve un incontournable:



Demigod (90- ): probablement un des plus connus. La démo « unholy Domain » de 1991 est une boucherie. Si on excepte un « Anxiety » trop classique dans la recherche de la brutalité, « Unholy Domain » est remarquable de lourdeur. La touche morbide est moins présente que chez d’autres compatriotes, mais c’est compensé. Ne retrouvant pas les touches atmosphériques du LP, Demigod s’illustre par un coté plus brutal, un peu comme Purtenance ou Convulse. La touche Finlandaise n’est pas absente de cette démo dont le point d’orgue est « Reincarnation ». Très bonne démo… Le groupe concrétisa ensuite avec « Slumber of Sullen Eyes », pour lequel nous ne partageons pas la même perception au sein du zine (cf. les différentes chroniques de cet album). Lourd, presque caverneux, le groupe déploie avec réussite ces passages doomy qui sont pour moi une des marques de fabrique du death Finlandais. De prime abord classique, « Slumber… » contient pas mal de plans morbides et cette touche mélodique bien Finlandaise. Pas révolutionnaire (parfois chiant) ou même à porter au pinacle du death metal, cet album n’en reste pas moins intense et souvent gavé de feeling et de conviction. Lourdingue… et avec quelques moments magiques (notamment tout le title track). Si le style n’est pas original sur le papier, Demigod déploie tout ceci de manière personnelle. On pense aux mélodies qu’un Pestilence développait sur des riffs du type de celui du couplet de « Lost Souls ». Le style lorgne logiquement parfois vers le death US (sans non plus le faire autant que Convulse). Pour ceux qui d’ailleurs accrochent à ce fabuleux title track, qui déploie ce coté atmo que j’adore, je conseille Depravity. Superbe travail aux grattes, sobres mélodies morbides. On ajoute un très bon son. Mais en 1992 que faire avec un bon album dans sa besace mais aux rythmiques trop classiques et à l’esprit trop bêtement death metal… en 1993 il était déjà trop tard. Demigod a quand même tenu le cap en sortant promo sur promo mais sans succès à une époque de vide intersidéral pour le death metal. A noter un come back récent avec albums bien dispensables qui à mon sens ne font qu’écorner une semi légende. Le seul mérite qu’on pourrait leur reconnaitre est d’avoir remis le nom du groupe sur le devant de la scène.




Injustement oublié, sans doute aussi car il n’a pas produit de titre aussi marquant que «Slumber Of Sullen Eyes», Adramelech (sympa cette petite Adra) n’en est pas moins à écouter. Notamment car au fil du temps, et surtout sur leur 1er ep, le style touchait aussi au Demilich.



Adramelech (91-05): souvent décrit comme les petits frères de Demigod (même ville je crois mais apparu chouille plus tard), les 2 groupes jouent dans la même cour en terme de style. Et ce d’autant plus que des ex demigod ont rapidement grossi les rangs. Les heures de gloire sont clairement les démos et ep sortis jusqu’en 1995. Sans être primaire, le death de Adramelech est farouche, pas de doute c’est 100% death metal. « Spring of recovery » représente la quintessence du death nordique underground du début des 90’s. Tout y est : la cover de Ranttanen, le style étouffant, construit, pas vraiment de stand out mais une sacré ambiance. OK ça reste de la série B mais pas mal de choses y sont capturées. Quand aux démos, que dire, je pense qu’avec celle de Demigod (unholy domain ‘91), elles sont clairement à écouter. J’ai lâché l’affaire après « psychostasia », sorte de Demilich plus moderne, aventureux et 100% death metal, je l’ai trouvé sans réelle atmosphère et parfois bancal. Un titre comme le title track est pourtant très réussi et on ne pourra nier la personnalité du groupe mais le rendu n’est pas à hauteur de l’ambition, louable reconnaissons le. L’album étant un peu contre intuitif de prime abord il ne faut pas lâcher l’affaire (mais cela ne l’a pas fait pour moi). Attention ce n’est pas hyper technique mais les compositions sont chiadées (pas de couplet/refrain/break) sans être non plus jazz. Autant quand ça marche c’est super, autant ça peut manquer de fluidité et avoir un coté catalogue de riffs. Le batteur, sans être mauvais loin de là, dessert un peu l’album étant donné son ambition. Parfois typiquement Finlandais dans le riff tordu Demilich-ien, le groupe en fait un peu trop en terme de nombre de riffs alignés et la qualité s’en ressent. Pour autant écrire cette chro est pour moi l’occasion de réécouter cet album et de le trouver, comme à chaque écoute un peu plus réussi (« title track », « book of the worm »). La succession de tous ces titres reste assez ardue et je regrette qu’il n’y ait pas au niveau de l’album entier un coté plus narratif, une trame plus marquée. Bref je me rends compte que je critique cet album car il a un très gros potentiel et j’en attends finalement plus. De même quelques passages plus simples mais porteurs d’une atmosphère plus morbide et directe n’auraient pas été de trop. Il y a ce coté qu’un truc comme « Hate » ou «bastard Saints» de Sinister ont (le sinister de cette période étant aussi une référence pour cet album). A savoir tout est OK sur le papier mais il manque parfois une flamme. Trop de riffs tue le riff ma bonne dame. Apres pour une bonne sieste ça peut le faire.




Dans cette case, même si c’est bien moins brutal, je mettrais bien Depravity auteur d’un mini-lp vraiment excellent et aux mélodies 100% Finlandaises. On retrouve ces passages un peu heavy atmo à la Demigod. Très réussi, on retrouve aussi ce sens typique de la mélodie Finlandaise, parfois pas si éloigné que ça de certaines mélodies que produisait Pestilence sur «Consuming impulse» ou surtout plus tardivement sur «Testimony of the ancient».




Funebre (88-91) : Un des premiers combos death du pays, Le groupe pond une 1ère démo « Cranial Torment » en 1989, bien lourde, brutale, pas morbide par contre elle ne sort pas du lot (ou plutôt de flot) de démos death de l’époque. C'est une démo lourdement influencée par le groupe du même nom (Death !!). Pas de quoi sauter au plafond même si reconnaissons le c’est bien fait. Il faut attendre la « demo II » pour voir le son Finlandais dantesque apparaitre (et certes les influences suédoises, merci la disto et les riffs à la « Reveal in flesh » de vous savez qui). Cette seconde démo, qui inclus d’ailleurs un titre qui sera repris sur l’album, est le 1er release notable de Funebre: tout commence ici bas.
Funebre sort, après un ep 2 titres, avec « Children of scorn » un unique album assez varié, peut être un des plus variés de cette scène. On a droit à un peu tout même si la Suède reste la plus grosse influence (flagrant sur le riff keupon version death suédois Nihilist sur début de « grip of insanity »). On trouve quelques plans thrashy, de super mélodies morbides, des leads sobre et chiadés, des plans catchy. Bref tout ceci a l’air beau mais j’avoue que l’album me glisse quand même un peu dessus. Oui le groupe sait poser un climat et le song writing est en gros progrès par rapport à une 2eme demo un peu trop grind/death pour son bien. Mais Funebre en fait parfois trop et la voix trop monotone contribue a un petit coté roboratif. Le son n’aide pas, non que ce soit mauvais mais c’est un peu trop clean, j’aurais préféré un truc plus heavy et massif. « Children of Scorn » reste tout de même un album pas trop mal écrit et un peu à part dans les releases finlandais de l’époque. Il nécessite selon moi quelques écoutes avant d’apprécier. Pour autant, et pas qu’à cause de la prod, il a un certain coté daté. A tenter tout de même, plutôt que de creuser le passé d’un Sentenced ou vous tâter sur du Mythos par exemple, et au passage faites vous la « Demo II ».




Bon le suivant je ne sais pas ou le mettre, il a sa case à lui tout seul.

Demilich (90-93) : Forte personnalité de le scène, trop souvent à l’époque mis en avant pour sa voix inhumaine à une époque ou les débiles mentaux portaient cannibal corpse au pinacle pour leurs covers choquantes. Le vrai truc intéressant est plutôt leur death assez tordu et barré. Dur d’accès mais unique, je ne peux que vous inviter à aller lire la chro plus complèteici bas.




Mais bon soyons sympa et ne laissons pas Demilich seul...

Nomicon (90-01) : avant de devenir un bouse BM, ce combo a sorti une démo « tri angle » suivi d’un split avec Sarnath. Sympa à connaitre pour se la jouer en soirée. Très alambiqué et expérimental, du demilich thrashy et jazzy, une touche de Carbonized… bref ça sort du lot mais à part ça… ha... si je sais… hyper horripilant. Après ça a tourné en beumeuh…




Passons à une petite séquence "Carcass quand tu nous tiens". Comme dans pas mal d’endroits, Carcass a, comment s’en étonner devant la tuerie intemporelle qu’est leur second album, influencé pas mal de groupes. La Finlande fut assez réceptive mais certains combos ont su vite sortir de cette ornière. Le principale, Mordicus, a produit, tardivement et sur un petit label, un album qui vaut très largement le détour et qui constituait selon moi la juste réponse à apporter à l’impasse que prenait le death metal (contrairement à Entombed et son «Wolverine Blues» dont je ne me remets toujours pas).


Mordicus (89-93) : Mordicus a d’abord attaqué avec de grosses influences 2eme album de Carcass (là ou Xysma attaquait plus sur le 1er carcass). Bref, rien d’affolant quand bien même le style était bien fait. « 3 ways dissection » sorti chez feu Seraphic decay voit le style s’alourdir mais sans perdre ce groove carcassien. Mais Il a fallu attendre 1993, là encore trop tard, et un superbe album, un peu à part dans la scène Finlandaise, sorti sur thrash records (label français du havre je crois, assez sympa). Un peu suédois, au son spécifique (le crunch suédois, une batterie malheureusement horripilante de sécheresse sur les blasts), parfois trop mélodique («eternia»), une touche heavy metal et de gros progrès (moult riffs, pas mal d’arrangements). Alors oui ce disque est parfois trop mélodique mais sans être culte il vaut carrément son pesant de cahouétes. Pas strictement death metal, cet album fait clairement partie des trucs à écouter. Quand je pense à comment Entombed a mal tourné avec « wolverines… » et quand je vois cet album, parfois clin d’œil à Maiden, se permettant un «Ocean» death n’roll d’anthologie, un « christicide » plus death tu meurs etc, je reste penseur. Alors oui « cybernetic summer » est trop catchy pour son propre bien et alors !! Une carrière se finissant avec ce 1er album malgré d’autres démos, un ep en 1997 et visiblement un autre album enregistré en 2000 mais jamais sorti. D’ailleurs si quelqu’un à ça qu’il se fasse connaitre !




Disgrace (87-94): Finissant sa carrière Death Metal avec un album un peu Carcass, Disgrace, originaire de Turku comme beaucoup, fut un des 1ers combos DM du pays. Un album, « grey misery » à la production moins épaisse que les démos (il faut mettre les aiguës à zéro), une cover à la police rose bien mimi… et c’est à peu prés tout ce qu’il y a à dire. Carcass (2eme), Carcass, Carcass… oui j’exagère il y a un peu d’autres trucs, quelques parties heavy bien senties mais sincèrement ne perdez pas votre temps. Rien de cryptique… ou de captivant… un nom qui revient pourtant souvent... allez savoir.




Xysma (88-98) : assez à part, une fois la période grind passée, On retiendra surtout les 2 premiers albums, véritables pionniers du death n’roll mais écoutable (pas comme « Wolverine Blues » que je ne peux pax encadrer vous l’aurez compris). La suite j’ai moins aimé, sorte de Heavy rock death… trop gentillet mais Xysma a continué à tracer sa route sans se poser de question... on jette les voix death sur « Lotto » carrément rock gentillet par moment. Rien à voir avec du metal… Je vous invite à vous plonger dans une chro plus sérieuse par ici.




Lubricant (90-93): pour la faire facile on range dans la case Xysma, death, grind, rock, groove assez personnel et un peu déjanté, « Nooklepia » est à tenter (la démo «swallow the symetric swab » étant plus Carcass sans le gras mais avec le groove). Rien de cryptique ou de lourdingue… la encore Carbonized pourrait être cité en plus de Xysma comme point d’accroche pas trop lointain.




Dans la série des trucs devenus des succès commerciaux voici donc :



Amorphis (90-) : mouais… monté par un ex abhorrence, la 1ere démo reprend les choses là ou Abhorrence les avait laissées et se structure un peu, en atteste un titre comme « privilege of evil » assez réussi. Tellement qu’il sera le titre d’un ep de 1993, ep assez couillu dans le sens ou il ramène droit à l’époque bénite des demos death metal nordique en ces temps de mort du death metal. « Karelian Isthmus » sera une autre pair de manche, un peu hors sujet. Mais bon, allons-y : album assez personnel dans la mélodie, un son très puissant au niveau de grattes, une pesanteur certaine, une sacré ambiance MAIS des claviers parfois moyens, pas vraiment de titre qui sorte du lot, un manque de riffs brutaux, de vice, l’apparition de ces quelques riffs orientalisant bidons, un recours trop prononcé aux chorus mélodiques à la gratte pour construire un titre, rien de morbide ou de sombre et revers de la recette spécifique : l’album est longuet. Mais quand j’entends l’ep « privilege of evil » qui transpire le death ou un « Karelian Isthmus » finalement plein de personnalité je conseille d’essayer les débuts d’Amorphis. Après, ce 1er album porte les germes de la fin d’Amorphis devenu depuis une ignoble bouse.




Sentenced (89-05): Avant de devenir le truc que c’est aujourd’hui Sentenced a démarré comme combo de death standard. L’EP de 1991 en atteste, grosse influence Death (Leprosy), un peu de Paradise Lost (1er). On note de suite un soliste déchainé, trop technique et show off malheureusement. Pas vraiment mémorable malgré de bons arguments sur le papier, le death de Sentenced n’est pas assez morbide et en fait les prémisses d’un « Amok » sont posés dés l’intro cucul de « when the moment of death arrives ». La suite est mieux, on a l’impression d’entendre le Death (y compris au chant) de Leprosy ou Spiritual Healing. Bref un combo Death Metal très générique malgré des compos pro, un son très bon dès les démos, pas mal de riffs, de chorus aux grattes… le tout manquant de sincérité ou de morbidité (trop souvent froid et sans âme). « North From Here » sera plus personnel et notable, mais hors sujet (et gonflant à mes yeux malgré un superbe « Northern Ligth »).




Les 2 suivants j’en parle pour en parler. Outre le fait que je n’aime pas, je trouve que c’est hors sujet en termes de style... proto death satanique survitaminé pour l’un et black death monotone pour l’autre.


Belial (91-95): j’avoue que je n’ai jamais compris. Certes brutal et blasphématoire, Belial m’a toujours gavé et représente pour moi le début de ce style de death, certes pas brootal, mais survitaminé et ennuyant au possible. Ca blaste, c’est furieux, ça invoque Satan mais c’est gonflant. OK ce n’est pas linéaire, en attestent des parties plus lentes, très catchy (mais pas pour moi) et force est de reconnaitre un certain coté apocalyptique mais à petite dose pour moi (genre le ep « wisdom of darkness » 1992). Le style déployé sur « Never Again » (1993) rejoint assez le black parfois et Belial est à grouper avec Mythos (même si ce dernier est vraiment linéaire). Death/black satanisant et furieux… sans moi.




Mythos (92-99): Impaled Nazarene a émergé et Mythos est une sorte de version death d’un Ugra Karma. La batterie très linéaire est bloquée sur 2 rythmes (un lent et un blast). Tous les phrasés de gratte ou presque sont en tremolo. Ca bourrine... Jouissif quelques minutes et invoquant parois une certaines noirceur (« Unreal Moon »), les titres de « Pain Amplifier » (1995) sont interchangeables rendant cet album longuet et chiant (et ce n’est pas la reprise de Carcass qui va relever le niveau et encore moins les cris ridicules de chattes poussés sur « the last orgy »). Extrême dans la forme, mais plat dans le fond. La demo « moulded in clay » (1993) récemment rééditée s’avère plus sympa mais pas dispensable. Bref connu parce qu’il y a du ex Impaled Nazarene et Belial dedans.




Quitte faire du hors sujet j’eu mieux fait de parler de Thergothon, plus qu’une référence à connaitre tant certains des titres du ep sont puissants. Je me contenterais de vous renvoyer à cette page.

OK maintenant une petite rafale, histoire de poser quelques jalons afin d’éviter de tomber dans le « c’était mieux avant». Bah non… ce n’était pas non plus tout rose. A vous de voir / trier:

Necropsy (87-93) : pas typiquement Finlandais, des velléités de poser un style plus chiadé, sans être vraiment technique mais avec pas mal de riffs. Les débuts sont un peu longuets et impersonnels. Le groupe pondra quelques morceaux bien construits parmi un gros stock de démos à la qualité trop inconstante malgré un potentiel palpable. Bref on retiendra surtout le ep « Never Again » malgré une voix sonnant trop forcée. Sincèrement et sans vouloir être méchant, quitte à creuser les limbes du passé, autant passer à une autre scène que la Finlande une fois que vous en arriverez là.




Putrid (90-91) : pre God Forsaken, Putrid propose, du moins sur la demo « exhumation » (j’avoue je n’a pas creusuer plus) un style proche de Celtic Frost/Obituary avec une touche de Autopsy. Assez cliché mais bien fait, farouche, bête et méchant. Un coté doomy prononcé apportant une petite touche Macabre comme Autopsy le faisait sur certains de ces riffs. Le son est bon en plus… Le style délaissera ses oripeaux death rapide pour devenir un doom death sur l’ep God Forsaken, sans doute influencé par le 1er Paradise Lost (mais pas que, on sent aussi une touche des débuts de Cathedral dans ses inspirations Black Sabbath façon « Soul Sacrifice » etc). Pas inintéressant…




Phlegethon(88-91) : Assez personnel, le groupe s’est construit sur le thrash (cf les 2 premières demos dont « Neutral Forest » assez agressive), a intégré le death dans un style je le répète personnel. En atteste par exemple le morceau d’intro du ep « Fresco Lungs » de 91 restant quand même fondamentalement thrash. Malheureusement le groupe n’a pas réussi à concrétiser un potentiel tangible en se perdant dans un surplus de riffs inutiles. Je passe la reformation en 1995…




Cartilage(91-92) : qu’y a-t-il de Finlandais dans ce death, bien fait, impersonnel qui saturait la scène à l’époque ? Dispensable à l’époque, cela n’a pas changé !




Garcharot (90-94 puis reformation ces jours-ci): 1994 mouais tardif. Des débuts grind/gory death… puis une résurgence très récente avec... surprise… un style plus death suédois… bref rien de transcendant. Well well well, que vous dire ? « Blessedness » d’une de leur démo a un couplet ressemblant à celui de sacrificial suicide de vous savez qui… voilà… voilà... hors sujet avec leur style de l’époque et, avec leur style actuel, pas plus efficace (ou légitime) que pas mal de jeunes groupes dans le style old school nordique…




Agonized (91) : death lourdingue grindifiant… pourquoi pas, il y a quand même le facteur obscur et ultime… si tu aimes te vautrer dans du gras poussiéreux.




Carnifex (91) : plus US technico brutal, le seul truc à savoir c’est qu’ils viennent de Kokkola… marrant comme nom vous ne trouvez pas ?




Obfuscation (92-95) : death grind très très marqué Carcass (pas la période pure grind)… bien fait… sympa comme ça vite fait mais j’ai plus assez de temps libre… d’ailleurs j’arrête d’écrire de suite… même si j’ai conscience de descendre le truc un peu vite en catégorisant comme ça... il n’en reste pas moins que bof bof...




Pestigore (90-92): mouais, un groupe de death/grind comme il en existait 10 000 à l’époque… pas la peine de continuer.




Vomiturition (91-95) : une démo death thrash, puis un ep death puis un ep death grind, puis un unique album death mélodique un peu suédois (voir légèrement beumeuh) ? Vous suivez ? Est-ce bien nécessaire de toute façon ?




Interment (89-91) : pppff j’en peux plus laissez moi tranquille...




Alors voila, j’en ai surement oublié mais à part la joie de trouver certains releases ou de revenir dans le temps il faut reconnaitre que le revival old school actuel va probablement exhumer des trucs sans intérêts (en plus de ceux que j’ai mentionné wings, pleuritic, excrement, necrobiosis (grind), plus tardivement Scum etc etc). Car ne nous leurrons pas l’histoire est un long recommencement… Le death old school Finlandais connait un revival plus discret avec des choses comme Slugathor (rip) ou plus récemment Stench Of Decay (pas hyper Finlandais non plus), Lie In Ruins (100% suédois !!!), Ascended (100% Finnish), Desecresy (sympa mais bon...rip off), Hooded Menace, Krypts, Cryptborn, Maveth, Gorephilia, Corpsessed, Vacant Coffins (un peu grind old school), Psychopathic Terror (ex Depravity mais 100% style suédois, grosse déception tant Depravity était bien). Pour autant un combo moins marqué death dans le style a ma préférence: les excellents (et maintenant lourdingues) Swallowed (une chronique, une autre) dont j’attends le lp de pied ferme.