Diskord - Doomscapes - 2007 (edgerunner)

Tracklisting:
1. an architectonic manifestation of death
2. public static void
3. harbinger
4. absurreality
5. cosmic collapse
6. the ubiquitous transience
7. inane existence
8. pervasive discreteness
9. overstrain
10. heritage
11. reptilian ancestry
12. instauration

15/20

Le pays des pandas, l'autre émirat du pétrole, n'est pas vraiment connu pour ses groupes de death... ne parlons pas des pré immortal/burzum ou enslaved pratiquant tous un sous death US avant de découvrir les joies du mascara. En gros coté valables, vous avez d'un coté les débuts de Cadaver et de l'autre le 1er Darkthrone. Soit 2 choses assez différentes et plutot vieilles.

Diskord, monté par le boss du petit label No Posers Please (batterie/voix) et comptant en son sein sur ce disque un des gratteux de Lobotomized, lorgne plutot du coté de Cadaver. Disons le tout de suite, le death de Diskord est hors normes. Carrement tordues, les compositions de Diskord sont tarabiscotées mais pas dans un style metal. Progressif, Diskord peut compter sur 3 musiciens plutot solides, le bassiste est bien présent, loin de se cantonner à répéter la guitare. Le batteur fait « détendu », attention c'est très propre mais on sent un groove au contraire de machines à blaster qui finisse par sonner comme des boites à rythmes. La musique sonne organique, vivante. La gratte tape dans beaucoup de styles. Death metal, parties plus rock/stoner, voir psychedeliques, punk, lourdeur à la Autopsy, petit arpeges « bidons » toujours à la Autopsy, accords ouverts, dissonances. Bref la musique de Diskord est « mouvante ».

Comment comparer ?... le groupe aime bien Autopsy, on pense un tout petit peu à Demilich, pas mal à Nomicon (période "tri-angle" et "the me") pour certains riffs de grattes, à Cadaver..mais aussi à Carbonized ou Disharmonic Orchestra deux groupes partiquant un death/grind déjanté au groove assez spécial. Pour autant Diskord n'est pas un vil pompeur et s'en donne à coeur joie servi par un son puissant et lourd mais d'une grande clarté tout en étant pas du tout aseptisé.

Attention, le groupe ne révolutionne pas le death mais est clairement à part et original... je lui reprocherais un léger coté délire pour musiciens, non que le groupe fasse des démonstrations de sweeping ou autres conneries...on reste bien dans un carcan déjanté mais c'est parfois hermetique. Quelques longueurs aussi. Par contre, quand le groupe met plus de profondeur/noirceur dans se musique il tape dans le mille. Remarquez qu'à contrario quand il groove comme sur « Absurreality » ça marche plutot bien aussi... sur ce titre, ils vont meme jusqu'à taper le solo hors sujet sur un disque de death mais c'est bien senti et tant mieux. On sent que Diskord met surtout ses capacités au service de l'ambiance. Le genre de disque qui demande pas mal de temps à appréhender et ne s'écoute pas à sec au reveil ! Le temps d'adaptation explique sans doute pourquoi j'entre plus dans la seconde partie de l'album, plus massive. L'intrumental Reptilian Ancestry suivi de Instauration et son final bien lourd sont vraiment réussis.