Diocletian - Gesundrian - 2014 (Osmose)

Track listing :
8 titres

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Il aura fallu attendre la fin de la parenthèse «the grand tormentor» de Withcrist pour que Diocletian puisse de concentrer sur leur 3eme release. Si vous relisez mes chros précédentes, vous saurez tout le bien que je pense de ce groupe, véritablement violent et détenteur d’une aura, depuis que j’ai posé mes esgourdes sur l’excellent Decimator. En relisant ma chro de Doom Cult, je me rends compte que j'avais mésestimer la durée du vie de cet album qui est presque culte pour moi. Le release suivant prenait une tournure un peu plus death metal et Diocletian s’imposait comme une entité à part entière, fidèle à un style mais assez diversifié...et toujours hyper agressif. Mais surtout le groupe est capable d’évoluer sans trahison aucune.

Pour autant, le split très moyen avec les sympatoches Weregoat et les ré-enregistrements de vieux titres servant à meubler m’ont fait tremblé...d’autant plus que tout ceci suivait le départ de V.Kusabs (le leader de Vassafor, qui dépanne Blasphemy à la basse).

Plus claire et sèche que sur les releases précédents, la prod puissante (signé Cam Sinclair le batteur) sert de toile de fonds à un style pas fondamentalement changé. Pour autant, on notera tout de même pas mal de choses. Les riffs sont plus saccadés et carrés (cf le «zealot’s poison» par exemple qui a son solo à la Morbid Angel old school et n’aurait globalement pas juré sur les débuts de Angel Corpse)...ça sonne moins chaotique. L’épaisseur, le climat «brouillard de guerre» chargé de sueur et de sang ont disparu et, en dehors d’une violence palpable, l’aura de Diocletian s’étiole. Ce qui me marque aussi, c’est que le riff pas génial est assez présent. Pour preuve, le titre «traitor’s gallow», dont la 1 ere version sorti il y a un an pour la compil Blastbeat Murder était court, teigneux et énorme, se voit «enrichi» d’un passage lent, autour de 1 minute, vraiment moisi et facile. Le groupe perd ensuite de son impact en tentant de meubler et à plusieurs reprises dans cet album se trouve empêtrer dans des longueurs. Certes les releases précédents avaient des coups de mou mais c'était plus sur un ou deux titres là où ici c’est presque sur chaque titre. Une autre remarque concerne les quelques sonorités plus black metal, par exemple dès l’entrée du chant sur le 1er titre, ou vers la fin de «beast atop...» qui vire mélo. Quelques trucs plus accessibles aussi, le break à 2min40sec du second titre, ou le refrain de «wolf against...». Est-ce un bien ? Est-ce un mal ? Je n’ai pas d’avis mais ça en jette moins que sur un «death tyrant» (de l’album «war of all...»). Cela me gêne moins que les riffs remplissages. En fait plus je écoute cet album, plus je me dis qu’il n’a pas eu le temps de maturer, alternant réussite, remplissage/truc bateau, reposant sur des recettes faciles pour Diocletian (l’intro de l’album par exemple, ou des riffs déjà présents sur les albums précédents).

L’intensité vocale est toujours là puisque Logan Muir, hyper teigneux, est de retour dans la troupe. Mais il manque le support de Kusabs et ses grognements intempestifs ou ses cris de banshee. L’intensité de façon globale est aussi toujours là mais le groupe repose selon moi plus sur une attitude et un son, en perdant de sa substance malgré quelques séances dantesques et, je le note une fois de plus, une légère évolution dans leur style. En ce sens, Diocletian apporte toujours au war metal, l’enrichit et en reste une des perles brutes et abrasives, mais moins magique, incontrôlée.

J’attends Heresiarch au tournant...car Diocletian devient un peu sur cet album un simple groupe de musique, certes appréciable et efficace mais l’esprit est en train de partir...sans être mauvais, ce Gesundrian a surtout été pour moi l’occasion de me remettre toute la disco du groupe en sens décroissant et là je suis sur Decimator... ça a une autre gueule !