DEEDS OF FLESH - Gradually melted - 1995 (Wild rags)

Tracklisting:
01-Three Minute Crawlspace
02-Gradually Melted
03-Human Sandbags
04-Feelings of Metal Through Flesh

13 / 20

Les débuts de Deeds Of Flesh bien que modestes méritent le détour pour tout fan des californiens. Cet EP n'est en fait qu'une démo améliorée, mais le son et l'identité du groupe sont déjà là avec cette prod typique, sèche et complètement dépourvue d'effets. En fait le son fait carrément penser à celui de Inbreeding the Anthropophagi avec juste des grattes manquant de définition et un mix plus faiblard en graves. L'approche est globalement identique aux 2 premiers albums, mais à y regarder de plus près le EP est moins porté sur le gore que la cruauté pure, contrairement à la suite. Les riffs sont speed mais il y a plus de breaks, ça relâche un peu la tension (pas longtemps) et dans l'ensemble le tout est plus facile à mémoriser et moins rouleau compresseur que la suite, avec un sens du riff mélodico-sombre qui ne s'est pas encore débarrassé de ses influences floridiennes, on pense notamment à Monstrosity. Ca sent bien les nineties, en même temps qu'une volonté de faire avancer le schmilblick tout à leur honneur et qui leur vaudra à juste titre la reconnaissance de la confrérie DM. En revanche le jeu de batterie et les voix, ce qu'on entend le plus sur ce skeud, sont dans un registre identique aux deux 1ers albums. Bon point, les textes plutôt recherchés dans le registre sadique qui ajoutent à l'originalité du style Deeds, surtout ceux du morceau titre. On est à ce niveau bien loin des clichés de l'époque.

Après ça reste du Deeds, à savoir un death très aride et cru, de la pure brutalité sans artifice. Percevoir leur musicalité demande un minimum de concentration, même si ces titres sont loin d'être ce qu'ils ont fait de plus complexe. C'est vraiment du aux grattes trop en retrait à mon avis, un défaut qui ne disparaîtra de leurs productions qu'à partir du masterpiece Path of the Weakening. En attendant ce skeud est bon mais il a peut être moins bien vieilli que les autres, certains le considèrent comme un chef d'oeuvre...mouais...effectivement ça a marqué le début de l'escalade vers l'ultra-brutalité dans la scène death californienne, donc ça possède bien un aspect précurseur. Maintenant, intrinsèquement le groupe a fait beaucoup mieux par la suite et avec bien plus de personnalité... ça reste un bon skeud malgré tout qu'on appréciera surtout pour son minimalisme, son urgence très underground assénée avec haine et une conviction sans failles.