DEEDS OF FLESH - Path Of The Weakening - 1999 (Unique leader)

Tracklisting:
1. Indiginous to the Appalling (Mutinous Human)
2. Lustmord
3. Path of the Weakening
4. Summarily Killed
5. Sounds of Loud Reigns
6. Execute the Anthropophagi
7. I Die On My Own Terms
8. Sense of the Diabolic
9. A Violent God

18 / 20

Changement complet de décor pour ce décisif 3ème album. En l'espace d'une année, le groupe obscur de brutal death baigné dans le gore depuis ses débuts s'est métamorphosé en un impressionnant monolithe de death metal qui non content de vouloir synthétiser le meilleur de toutes ses écoles, les transcende et propose désormais un style aussi personnel qu'intéressant, quoi qu'en disent les mauvaises langues pour qui ce groupe est l'équivalent musical d'une machine à laver...

Aussi brutal et sec qu'épique et narratif, cet album cultive les paradoxes pour mieux les dépasser, n'en déplaise à la police des étiquettes mentionnée ci-dessus. Les titres sont plus longs et plus travaillés. Ils sont aussi plus linéaires (ce n'est pas péjoratif ici), sensation due à une section rythmique moins en avant dans le mix mais rendue très, très puissante par un pilonnage quasi incessant de la double grosse caisse, au détriment de la basse... pour ce qui est des blasts eux mêmes, en fait il n'y en a finalement pas tant que ça. Détail intéressant, même dans ces moments bourrins il place des grooves, pas avec ses fûts mais avec ses cymbales, plutôt pas banal non ? On n'est pas dans le registre chiant à la 'Black Force Domain' mais plus proche d'un 'Formulas Fatal to the Flesh'... Idem pour le chant qui est relativement fondu dans la masse avec les maintenant habituels brefs cris suraigus qui surnagent.

Qui est donc le grand gagnant de tous ces remaniements ? Les guitares, bien sur. Elles sont froidement déchaînées, tous trémolos et harmonies dehors, ou au contraire elles éructent (éruptent) en méchantes dissonances comme sur le terrible 'A Violent God' - le seul morceau lent, mais au moins aussi menaçant que les autres. Ces grattes construisent un édifice, une cathédrale à la gloire du riff, art que le groupe maîtrise désormais au point de le dénaturer sadiquement par de révolutionnaires constructions de légo que peu sont parvenus à approcher à ce jour sans tourner à la branlette chiante et inutile. Car cet album est aussi puissant sur le fond que sur sa forme. C'est plus que du death metal... c'est de la musique brutale. Un mélange surprenant d'abstraction atonale et de plans mélodiques sombres qui puisent autant chez le Slayer de Hell Awaits que chez le Suffocation de Breeding The Spawn, 2 autres chefs d'oeuvre aussi torturés que mésestimés au milieu de leurs catalogues respectifs.

Cet album est le meilleur de Deeds Of Flesh, il représente à mes yeux leur testament ultime, une vision claire et entière du metal extrême à lui tout seul. Totalement barbare, diaboliquement intelligent, en un mot indispensable.