DEEDS OF FLESH - Inbreeding The Anthropophagi - 1998 (Repulse)

Tracklisting:
1. End of All
2. Feeding Time
3. Inbreeding the Anthropophagi
4. Infecting Them With Falsehood
5. Canvas of Flesh
6. Ritual of Battle
7. Fly Shrine
8. Gradually Melted

14 / 20

Sacré redressement de situation sur ce second album. Il ne reste aucune trace des fautes de goût qui polluaient le style de leur premier disque, c'est simple, ce Inbreeding... est à ce jour ce que j'ai entendu de mieux dans le genre death extrême. Ici tout est en subtilité si je puis dire, l'intro est toujours aussi 'ragoûtante' mais de façon plus suggestive que la démonstration de gore à deux balles qui ouvrait Trading Pieces. Brise calme du vent, rapide aiguisement de lames, puis un bref cri humain suivi de gémissements... bruits de démembrements, de craquements d'os, de tripes qu'on malaxe, macère dans un bain de sang... Rien que sur cette intro, le recul et ce qui me semble être une petite touche d'humour noir carcassien, rien que ce petit détail me donne à penser que le groupe a changé d'approche depuis l'album précédent. Deeds nous projette donc dans un monde post apocalyptique, où la civilisation a disparu, dans lequel l'être humain est redevenu une proie, maintenant traqué par ses semblables, qui s'organisent en meutes comme on peut le voir sur la zoulie pochette qui résume bien l'ambiance de l'album... 'End Of All' c'est comme son nom l'indique l'apocalypse, puis c'est le début du cauchemar. La batterie (surtout les grosses caisses) et la voix ultra gutturale sont mixés très en avant, mais fort heureusement, les guitares, un peu plus claires qu'avant, sont intelligibles et consistantes, à l'inverse des Devourment et co où bien souvent ce n'est qu'un brouhaha de riffs inaudibles en palm muting avec la basse à donf. Le style de Deeds Of Flesh est toujours aussi minimaliste et complexe à la fois. Minimaliste dans ces arrangements réduits à leur plus simple expression : riffs/batterie/voix (bien que quelques gimmicks et samples permettent de s'y retrouver dès la première écoute), super complexe au niveau des constructions et des enchevêtrements de riffs mélangés comme dans une salade composée. Par contraste, les textures mélodiques (sisi je vous jure !) rappellent de pas si loin les pionniers Death ou Deicide. Il ne faut pas se leurrer, ça reste du brutal death US, la sensation d'uniformité sera le lot de toute oreille pas assez concentrée / exercée. Mais il y a ces prémisses d'accroches mélodiques, des structures plus réfléchies qu'il n'y paraît au premier abord, bref toute une musicalité naissante qui fait que Inbreeding The Anthropophagi est un album unique, violent, âpre, cru comme un steack tartare de nouveau né et que je conseille malgré tout à tout fan de death qui ne connaîtrait pas encore Deeds (je suis sur qu'il y en a). Souvent imité, rarement égalé.