CANDLEMASS - Epicus Doomicus Metallicus - 1986 ( Black Dragon )

Track Listing :

Solitude
2. Demon's Gate
3. Crystal Ball
4. Black Stone Wielder
5. Under The Oak
6. A Sorcerer's Pledge

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Si vous avez lu la chronique de l'album éponyme d'Angel Witch figurant par ailleurs sur ces pages, vous connaissez mon avis sur la NWOBHM et sur le bol d'air que des groupes phare/pionniers du doom tel que Trouble et Candlemass apportèrent. A bas les glamouses...les suédois, à l'instar de Trouble, ont un coté sentencieux et le metal est pour eux chose sérieuse et sombre. Par contre Candlemass s'avère plus austère que Trouble. Mais surtout, plus NWOBHM (je pense au soli, et à un coté Iron Maiden des débuts mais en lent) et heavy metal (plus porté sur les mélodies). Candlemass étire ses riffs simples et sobres tout au long de ces 6 longs morceaux pas si avares que ça en variations. Définitivement lent/mid tempo, Candlemass ne place quasiment aucunes accélérations et ce en 1986 alors même que tout le monde accélère le tempo. Plutôt simple, même si le batteur, d'une grande justesse, n'hésite pas à placer des fills dynamisant les morceaux et que les solistes ne sont pas en reste, la force de ce release réside dans l'efficacité des riffs et des compos. Pas de branlettes ici bas, les guitares sont plutôt là pour souligner un thème, placer un chorus servant d'apogée à un morceau (comme sur l'excellent «Demon's Gate»). N'hésitant pas non plus à placer quelques riffs un peu plus thrashy (Crystal Ball à 2mn 30 qui resservira à Death sur Spiritual Healing), la force de Candlemass réside dans sa pesanteur et on se rend compte que le titre de l'album est bien choisi: Candlemass a effectivement crée un doom metal épique. Basé sur la pesanteur de Black Sabbath, mais sans aucun groove, beaucoup plus carré et austère, voir dépressif.

Un des principaux points marquants chez Candlemass est la voix. Sans être lyrique (pouark), Johan Langquist joue un rôle important dans l'aura que dégage cet album, classique, classieux. Pas économe, le type chante, et si en général je suis allergique à ce genre de délire, force est de reconnaitre que Johan Langquist assure cet exercice dans une veine seyant parfaitement au style (bon y a quand même un ou 2 cris de tarlouses et quelques parties un peu trop aventureuses pour moi). Je dirais même, quitte à choquer le puriste, que je préfère ça à Messiah qui s'avère être un vocaliste moins diversifié, mais peut être meilleur techniquement, que Johan. Toujours est-il que Johan fut une grosse influence sur Messiah si on écoute comment celui ci chantait dans Mercy, son groupe précédent. Après, à la longue, le pas fan du tout de metal mélodique que je suis, a un peu de mal et l'intro de «Sorcerer's Pledge» passe difficilement. Heureusement que la suite du titre, un des plus dynamique et rapide de l'album, assure...je finirais presque par apprécier ce riff final rendu un peu trop cul cul par la seule intervention de voix féminine de l'album. Pour être sincère la voix est ce qui m'a longtemps bloqué chez Candlemass. C'est typiquement pour moi comme les voix death: on adhère ou pas et si on n'adhère pas ça casse tout. D'un autre coté quand j'écoute cet album ou le suivant, Nightfall, je ne pourrais les imaginer avec autre chose à la voix !

A l'écoute, le coté 80s que ce soit coté prod et compo est flagrant. Pour autant, là où les trucs à la mode de l'époque finissent par sonner daté, ce coté marqué participe à l'aura authentique du disque...sauf peut être pour certains claviers un peu cheap, c'est dommage. La recette est simple, bien exécutée et constante sur chaque morceau. En ce sens n'attendez pas de réelle diversité mais juste du doom metallisé austère de qualité ! De mon coté j'ai plutôt été conquis, après avoir réussi à passer outre des a priori liés au chant, certains cotés parfois un peu trop mélodiques pour moi et quelques soli un peu trop bouche trou et bien typique de ce que je n'aime pas dans les solis....fan de death un jour, fan de death toujours...par chance, tous ces points sont presque confinés dans le titre «under the oak». On regrettera quand même un manque de basse (l'instrument et la fréquence) qui aurait apporté un surplus de lourdeur.

Assez bluffé par ce release presque au feeling unique (la touche Candlemass) et intemporel, je n'ai par contre pas toujours pas réussi à apprécier pleinement «Nightfall» notamment à cause de Messiah, plus linéaire et donc finissant par me taper sur le système, et de soli sans doute plein d'émotion et de majesté mais me gavant parfois. Le batteur au passage est bien plus linéaire que son prédécesseur. C'est fort dommage car presque tous les titres, en dehors d'un coup de mou au milieu de l'album (de «at the gallows...» à «march funebre»), sont très bons (dont certains instru genre «black candles» ou «codex gigas» super biens sentis). La production de son coté rendait plus justice au groupe. Bref Candlemass n'usurpe pas son statut de légende avec cet album (et Nightfall aussi, soyons honnête), c'est du metal, du vrai, qui a bien failli me faire faire mon coming out...en cachette j'écoute Nightfall de temps en temps et j'imite le chant de Messiah ! «Well of souls», «Mourner's lament» ou «Bewitched»...la classe ce Messiah... quand je pense que j'avais rangé ce truc au fond d'un placard il y a 10 ans rebuté par la prestation de Messiah.je dois devenir amateur de "kistchouillerie" avec l'age...