CORRUPTED - Se Hace Por Los Suenos Asesinos - 2004 ( HG-Fact )

Tracklisting:
1. gekkou no daichi
2. rato triste
3. sus futuros

12/20

Retour des maîtres du sludge Japonais pour un véritable album après une multitude de split 7’’ et une réédition bienvenue de ‘‘Paso Inferior’’ en vinyle.
Avant d’entamer la chronique de ce disque, il me semble important de faire un rapide historique de ses conditions de sortie. Initialement sorti en vinyle 12’’, cet album était uniquement disponible par correspondance auprès du label au prix exorbitant de 30€ + le port (qui n’est pas donné quand ça vient d’aussi loin que le Japon), impossible d’en échanger ou d’en acheter en wholesale pour les distros. Impossible aussi d’en acheter plus de 2 exemplaires par personne. Evidemment, ce 12’’ tiré à 1000 exemplaires s’est vendu comme des petits pains. On peut se demander quel intérêt il y a à avoir de telles pratiques si ce n’est spéculer sur un objet finalement vendu comme un collector. Bref…
Heureusement pour moi et de nombreuses autres personnes soit pas assez rapides soit qui n’avaient pas envie de jouer au collectionneur fou, ce ‘‘Se Hace Por Los Suenos Asesinos’’ a été rapidement réédité en CD.
Revenons maintenant à nos moutons. Un album de Corrupted, c’est quelque part un évènement en soi. Ceux qui connaissent leurs précédentes longues réalisations savent que ces mystérieux Japonais sont capables d’écrire la bande son de l’Apocalypse les doigts dans le nez. C’est donc un brin fiévreux que j’insère la rondelle en plastique dans mon lecteur. Cet album est plus court que d’habitude, moins de 40 min pour 3 morceaux.
Premier morceau : Corrupted expérimente et s’essaye à l’acoustique sur plus de 17 min. Ce n’est pas sans me rappeler les débuts de Steve Von Till en solo mais en plus lent, plus sombre, plus crade et beaucoup plus dépressif. Get the point dude ? Eh ouais, pas fait pour rouler des pelles autour d’un feu sur la plage ce morceau, à part pour essayer de ranimer un noyé qui de toute façon ne reviendra pas. En résumé, accords mélancoliques à souhait, voix gravissime et ambiance plombée à mort. Le deuxième morceau est du Corrupted on ne peut plus classique, ultra lourd et gras/ve, répétitif, qui s’étale sur 10 min. Bien mais rien de nouveau sous le soleil. Quant au troisième et dernier morceau, il est là pour ramener un peu de fraîcheur à ce disque. Corrupted essaye de rocker (comprendre jouer à plus de 40 bpm) et s’en sort pas mal pour ces 7 min de sludge aussi fin qu’un rouleau compresseur lancé en pleine pente.
Les paroles sont à l’image de la musique, très sombres et pessimistes. Elles soulèvent quelques questions sur les dégradations que subit la Terre, la folie des humains et leur soif de profit et de pouvoir. Les textes sont soit en Japonais, soit en Espagnol, traduits dans un Anglais approximatif.
Un effort a été fait pour le packaging, sorte de digipack un peu plus grand que la normale des CD. L’artwork est évidemment en noir et blanc, on ne déroge pas à la tradition, avec cette petite touche graphique anarco-punk que le groupe cultive depuis ses débuts.
Suite à plusieurs écoutes de cet album, je suis un peu déçu par ce dernier Corrupted. Je n’y retrouve pas toute la grandiloquence apocalyptique développée par ‘‘Llenandose de Gusanos’’ et ‘‘Paso Inferior’’, où les morceaux prenaient le temps de se construire sur plus de 40 min, où la répétitivité des (du ?) riffs tenait du génie hypnotique. Ici, mis à part le 1er titre vraiment très bon, Corrupted fait du Corrupted de petit format alors qu’il a toute la place pour s’étendre. Dommage.