Brutal Truth - End Time - 2011 ( Relapse )

Track Listing :

1. Malice
2. Simple Math
3. End Time
4. Fuck Cancer
5. Celebratory Gunfire
6. Small Talk
. .58 Caliber
8. Swift and Violent (Swift version)
9. Crawling Man Blues
10. Lottery
11. Warm Embrace of Poverty
12. Old World Order
13. Butcher
14. Killing Planet Earth
15. Gut-Check
16. All Work and No Play
7. Addicted
18. Sweet Dreams
19. Echo Friendly Discharge
20. Twenty Bag
21. Trash
22. Drink Up
23. Control Room

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Si le retour de Brutal Truth m'avait initialement fait mouillé (je vous renvoie à toutes les chros pour juger le culte que je voue à ce groupe), « evolution through revolution » (EtR) avait calmé mes ardeurs. Non que ce soit mauvais mais je m'attendais à un truc moins conventionnel, plus schizophrénique. Bref Brutal Truth devenait plus commun...genre le retour pétard mouillé. Très représentatif de cet album finalement répétitif un « spare the world, get a therapist »...ouvrant sur un riff hyper ballot et impersonnel puis une rythmique groove typique BT sonnant réchauffé, une partie lente réussie mais pas très BT...bref...un peu facile. Je m'attendais à ce que le groupe ait autant de tour dans son sac qu'avant, qu'il m'impressionne et pas simplement qu'il me satisfasse. Certes EtR reste intense et couche quasi toute la scène...mais quand même. En ce sens on pourrait le comparer à ECDER, un excellent album qui m'a marqué (acheté à sa sortie) : le truc couchait (et couche) presque toute la scène, hyper efficace mais presque unidimensionnel et pas non plus très personnel. Encore que, repensant à cette comparaison avec ECDER, EtR laisse peu de souvenir là où je me remémore depuis les 20 ans qu'existe BT une tripotée de leur riff (de tout leur album).

Mais passons à ce Endtime...

Le nouveau gratteux me fait toujours bien halluciné toujours tant il a pris la place de Gurn avec réussite. Rappelons-nous qu'au fil des albums et dés « need to control » avec pour point culminant le titre « pork farm » sur SOTAK, Gurn avait développé un style bien particulier. Et bien le père Erik s'inscrit dans la continuité et pérennise le fait que le boulot à la gratte soit un des points forts de BT. Reconnaissons que Erik recours par contre un peu souvent à certains effets de manches pour ponctuer ses riffs. Le syle est donc un peu différent et plus porté que Gurn sur les harmoniques et les dissonances. Reconnaissons aussi que Erik à un coté "core" dans tous les sens du terme (bon et mauvais). Plus généralement, je ne me ré-étendrais pas sur le bien que je pense du groupe, tout est en place et chaque ziquos a une personnalité/style propre. Que ce soit Dan, ses lignes et son son, Hoak epileptique avec ses airs d'être au bord de jouir quand il blaste ou Sharp aboyant séchement. Derrière le barrage sonore se cache un sens de la composition et une sacré mise en place au service d'un grind personnel et parfois ultime. Toujours féru d'agression ultra violente, BT reste protéiforme et dispense ce groove typique tout en n'oubliant jamais de lâcher des riffs mémorables.

Par contre, à l'instar de SOTAK, certains titres laissent un gout d'inachevé et une impression de fouillis se dégage parfois de ce marasme. La prod, organique et violente, n'aide pas toujours à distinguer le boulot à la gratte mais ne sacrifie jamais l'agression. En ce sens on pourrait regretter la prod de SOTAK qui permettait de mieux gouter la guitare.

Alors oui les 4 premiers albums de Brutal Truth étaient meilleurs, oui il semble que le groupe soit condamné à chaque nouvel album à se voir comparé à son passé. Mais que voulez-vous, avec une telle discographie, comment pouvait-il en être autrement? Reste une question de hargne et de feeling, bref éviter de tourner pathétique comme Slayer. Reste aussi une question d'avancée i.e. ne pas juste alterner entre un NTC bis puis un KTS bis mais bien proposer un truc qui change. Et bien, sur ces 2 aspects, « endtime » est plus ou moins un succès, car c'est un release intense qui n'est pas basé sur une compléte redite. Référons nous au passé de BT et rendons nous compte que cet album tape dans tous les registres (sauf évidement dans le 1er album). Si le propos laisse à penser que l'album s'écoute sans surprise, il s'avère bien au contraire que BT délivre ici un album plutôt intéressant et souvent captivant faisant de EtR un album façon remise en jambe. Quand j'y pense ça se rapproche parfois pas mal de KTS, évidement SOTAK ou moins souvent NTC. Mais l'album est un tout, pas une suite de clin d'oiel ou un revival. BT semble continuer à avancer...

On reprochera un coté arty du fait du travail de gratte, du style de Hoak ou d'une stérilité tangible. J'ai parfois l'impression d'entendre des riffs de rock indé entre 2 parties grinds. Mais BT évite généralement cet écueil tant en s'arrêtant là où il faut, qu'en balançant une sauce plus digeste (« small talk » par exemple), ou grâce à des riffs efficaces planqués un peu partout. On regrettera l'absence d'un titre plus lent au milieu qui eut permis de respirer un peu façon « semi automatic carnation » sur EtR (lui-même un clin d'oil à « ordinary madness » de NTC). Comme sur SOTAK on, retrouve un titre final façon lavage de cerveaux, sauf qu'ici on a tout simplement droit à une jam de free grind....terme un peu couillon qui pourrait fnalement résumer BT.

Bref tout ceci m'a fait ressortir SOTAK que j'avais déjà ressorti depuis la chro de 2004 et plus ça va plus j'aime et y découvre des trucs: cet album est en fait accessible et très bien pensé...bref en avance sur son temps ? A l'instar des releases post « need to control », « Endtime » a besoin qu'on lui laisse du temps. Je corrige: c'est plutôt l'auditeur qui a besoin de temps... BT lui n'a besoin que de 30/40 minutes pour retourner un cerveau...et marque son vrai retour avec ce End Time...End Time tout de même un peu stérile, sans queue ni tête et sans le même mordant que les 1ers release du groupe.