BOLT THROWER - Realm of Chaos - 1989 ( Earache )

Tracklisting:
1. Intro
2. Eternal War
3. Through the Eye of Terror
4. Dark Millennium
5. All That Remains
6. Lost Souls Domain
7. Plague Bearer
8. World-Eater
9. Drowned in Torment
10. Realm of Chaos
11. Prophet of Hatred
12. Outro

13/20

BOLT THROWER s'est formé sous l'impulsion de Gavin Ward, fan de punk (et autres Antisect, Crass, Discharge, Slayer), début 87, dans la région de Birmingham, pour officier dans un style plutôt Punk Hardcore/Thrash. Après une première démo en Avril ("In Battle There Is No Law"), Gavin passe de la basse à la guitare, Jo Bench arrive pour prendre la basse. Il ne manque plus que Karl Willets aux vocaux pour former le line up mythique responsable des grandes heures de Bolt Thrower.

Un premier album voit le jour en "In Battle There Is No Law" : 30 minutes plutôt primitif, mal produit, assez rapide, grind voir punk avec quand même quelques moments plus doom (le title track est pas mal du tout) et puis le downtuning caractéristique de Bolt…. Pour autant il reste assez anecdotique à mes yeux, leur premier vrai album pour moi étant Realm Of Chaos voir Warmaster.
Ils quittent leur label (Vynil Solution), axé hardcore et n'ayant cure du death/grind, pour signer sur Earache devenant ainsi une de leur première signature. De plus en plus death/grind, ils pondent "Realm Of Chaos - slaves to darkness" avec un artwork assuré par GameWorkshop (producteur de jeux de rôle, de wargames comme warhammer, warhammer 40 000...), qui a visiblement apprécié la seconde peel session de BOLT THROWER. Les lyrics sont axés sur la guerre et certains directement inspirés de jeux de plateaux (warhammer 40 000).
Ce disque leur permet de partir sur la légendaire tournée GRINDCRUSHER avec Morbid Angel/Napalm Death/Carcass. Une troisième Peel Session puis "Warmaster" sort. Grâce à cet album, BOLT THROWER se fait connaître et assoit sa réputation grâce à une meilleure prod et un style bien downtuné, plus peaufiné, plus doom lorgnant vers le BOLT THROWER qu'on connaît aujourd'hui.
Suit "The IVth crusade" dans lequel les cotés grind ont disparu pour ne retenir que l'épaisseur et le doom de "Warmaster". Cet album est proche de la perfection, mieux produit, et montre la force et la personnalité de BOLT THROWER. Ils ont développé leur propre son et leur propre style : une musique dense, massive, magistrale, basée sur des chorus doublés de gros accords, recette simple mais efficace. Les lyrics quant à eux sont basés sur la guerre, la fin de l'humanité et expliquant parfois comment la religion et la convoitise y participent. A partir de cet album, le style est défini et BT ne bougera plus d'un iota.
En 94 sort "...For Victory" qui marque malheureusement le départ de Karl Willetts et de Andy Whale : ces derniers imprimaient leurs marques dans la musique de BOLT THROWER. Karl avec sa voix "étouffée" et Andy avec ses patterns (voir Spearhead sur "The IVth crusade"). Ce disque comporte des parties un peu plus rapides mais reste fidèle au style "38 tonnes dans ta gueule" de BOLT THROWER. Martin Kearns (il partira avant "Mercenary", remplacé par Alex Thomas) prend la batterie et Martin Van Drunen le micro (il sera dégagé vite fait d'ailleurs). Virés d'Earache ils signent chez Metal Blade et Karl revient chanter pour "Mercenary" en 98, avant de partir définitivement.

Après un long silence le groupe est revenu en 2001 avec Dave Ingram (ex Benediction) au chant et Martin Kearns de retour à la batterie pour le moyen "Honour - Valour - Pride". Le groupe est depuis à nouveau à la recherche d’un chanteur.

Ce groupe est un dinosaure, issu de l'explosion grind anglaise (Napalm Death, Electro Hippies...), qui est resté fidèle à certaines valeurs punk (ils organisent eux même leur tournée, refusent les vidéos etc...), sincère et qui a développé SON propre son et SON propre style. La qualité et la puissance de leur musique (notamment sur "The IVth crusade) sont réelles...malgré la répétitivité des titres et des albums, ils restent captivants...peut être grâce à ces riffs presque hypnotiques.

La chro maintenant :

Avec cet album, la bête est clairement lâchée. Beaucoup d’éléments sont là : déjà gros downtuning , passage doomy assez terrassant, voix étouffée de Karl, jeu sobre de Andy.
Par contre le groupe lorgne encore pas mal vers le speed/thrash et blaste à tout va. Et c’est là, à mon avis, que le bas blesse. Je m’explique : à l’époque (1989 quand même) ce skeud était assez énorme de par sont coté bien heavy et chaotique, il a du marquer les esprits comme une bonnepetite machine de guerre. Par contre, avec du recul, et même les membres du groupe le disent, les parties rapides ont clairement mal vieillies que ce soit de par les riffs eux mêmes que par les patterns de batterie posés dessus. L’écoute de cet album est donc, selon moi, rendue un peu éprouvante/horripilante par ces parties peu inspirées (vues de maintenant). Je pense que le titre « Plague Bearer » illustre bien ce coté chiant. Pour autant le coté grind/speed d’époque mixé avec le gros son et les parties plus heavy est assez cool sur « Drowned In Torment ».

Le bon point réside dans le son de gratte heavy et des riffs lourds et bien posés à la « World Eater » (trop long d’ailleurs) ou de façon plus barbare sur « Dark Millenium », « All That Remains ». La prod n’est pas trop mal, ça reste assez chaotique quand ça accélère mais cela contribue au coté épais de la musique.

Bref, je conseille ce skeud aux fan et à ceux qui veulent faire un trip « back in the days » pour se ré-imprégner de l’ambiance du death de l’époque. Les premières armes du groupe restent honorables mais pas transcendantes comparées aux albums suivants. En tout cas grosse influence sur la scène death et doom.