ABLACH - Aon - 2009( Blastworks )

Track Listing :

1. Gibbetted
2. Obar Dheathain
3. Jus Primae Noctis
4. Na Fuadaichean
5. Master Faith
6. Unchallenged Hate (Napalm Death cover)
7. An Unforgiving Disposition
8. Whisky Violence
9. Bootlicker
10. Confessit & Declait Furth
11. End of the World
12. Fir Alban
13. Corporation Pull-In (Terrorizer cover)

--

Ouh pinaise, en voilà un qui fait du bien... Bien qu'enregistré en 2008 par une bande d'écossais énervés, ce EP semble tout droit sorti de la fin des eighties, odeur de la sueur des chaînes de montage de Birmingham incluse ! Le groupe ne cache d'ailleurs pas ses influences en reprenant de façon ultra crédible le fameux 'Unchallenged Hate' de qui vous savez, bien qu'ils nous gratifient également d'une reprise de Terrorizer, un peu moins aboutie celle là. N'allez pourtant pas croire que ce manque évident d'originalité musicale reflète une absence d'identité. Reprenant à leur compte la tradition 'socially aware' des lyrics de Napalm Death, les Ablach (« cadavre mutilé » en gaélique) l'assaisonnent de thèmes comme l'identité écossaise oubliée, l'oppression anglaise, la pauvreté, l'alcoolisme... le tout étayé de faits historiques donnant au tout un côté 'Braveheart', pour ne pas dire black metôle voire pagan avec ce patronyme obscur et ce visuel celtique... mais toute suspicion d'identitarisme est balayée par le groupe qui prend bien soin de préciser que tout ceci n'est en aucun cas du nationalisme de leur part, mais un commentaire sur les aspects de leur société et de son histoire.

Bref les Ablach savent exactement ce qu'ils font et où ils veulent en venir. Ils reprennent à leur compte une zique largement entendue et aux ficelles depuis longtemps connues, adaptant sa substance à leur sauce sans pour autant sonner comme une démarche froidement réfléchie. Leur grindcore est en effet dur, authentique et produit à l'ancienne : tous les riffs ne sont pas forcément intelligibles et on s'en fout, ce qui compte avant tout est de transmettre un message, une émotion. La rage déployée ne paraît jamais surfaite ni puérile, tout passe comme papa dans maman avec le ton juste. Et si le style n'est pas original, il est sacrément efficace. Ça blaste, ça écrase, c'est entraînant quand il faut, c'est live. On entend un groupe qui joue, et qui prend son pied plutôt que de rechercher la perfection technique. Le son des grattes rappelle jouissivement 'Scum' tandis que les voix lorgnent un peu du côté des premiers Carcass (on jurerait entendre Bill Steer par moments). Même la durée du EP est parfaite : la vingtaine de minutes contient juste ce qu'il faut de variété pour pouvoir reprendre son souffle de temps en temps et maintenir l'énergie de la chose au maximum.

On peut se demander comment Ablach pourra évoluer par la suite avec une musique aussi directe sans finir par tomber dans la redite et lasser, mais ce Aon est vraiment une réussite, un petit bijou de grind à l'ancienne qui réussit la gageure de sonner totalement frais et revigorant. Fans de ND vintage et autres Extreme Noise Terror, c'est pour vous les yeux fermés, mais pas que !